Il y a tout juste un siècle, le 18 novembre 1909 disparaissait Renée Vivien. Âgée seulement de 32 ans, elle était devenue alcoolique depuis quelques années et c'est une ingestion d'alcool fort en trop grande quantité qui met fin brutalement à son existence.
Entamée en 1901, sa carrière littéraire s'étend sur une petite dizaine d'années. Ses premiers poèmes d'inspiration symboliste attirent l'attention des lecteurs qui apprécient leur délicatesse teintée d'érotisme. Mais ce sont certainement ses poèmes en prose qui se distinguent le plus nettement dans l'histoire de la poésie. Elle écrit d'abord Brumes de Fjords en 1902 et, l'année suivante, Du Vert au Violet où elle affirme une esthétique où la mort, le deuil et l'obscurité sont omniprésents. Dans ce livre, comme dans toutes ses autres œuvres, Renée Vivien exprime aussi un féminisme d'une audace inédite, et qui ne manquera pas de heurter le monde littéraire de l'époque, essentiellement masculin et bien-pensant. Le féminisme de Renée Vivien s'accompagne d'une revendication de son homosexualité comme jamais elle n'avait été exprimée jusqu'alors. En consacrant ses poèmes à Lilith, Sapho, Sélanna ou encore Latone et Niobé, Renée Vivien manisfeste une volonté de reconquête d'une mémoire féminine. Avec elle la poésie devient une voie possible de son émancipation et un moyen de gagner sa liberté de femme, et d'écrivain.
Victor Flori propose aujourd'hui de redécouvrir Du Vert au Violet dans une nouvelle édition, annotée et préfacée au Livre unique au prix de 7 €.
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