On n'écrit rien d'intéressant qui ne soit destiné à une personne particulière. (Hans Laufcan)
Quatrième de couvertureBrumes de Fjords est le premier recueil de poèmes en prose de Renée Vivien. Publié à l’aube du XXe siècle, en 1902, il incarne le tour symboliste que prend la poésie à ce moment-là dans toute l’Europe. Ondines, fantômes et autres créatures mythologiques habitent la prose poétique de celle qu’on surnomma la Muse aux Violettes. Elle développe ici une écriture de l’invisible et du mystère qui s’oppose au réalisme prosaïque du siècle précédent.
Mais les brumes de Renée Vivien sont aussi l’occasion pour la poétesse d’exprimer sa « protestation existentielle » de femme écrivain. Elles témoignent ainsi de son vaste travail sur notre mémoire culturelle visant à rétablir à leur juste place les grandes figures féminines, historiques ou mythologiques, qui font toute notre humanité.
Après Du Vert au Violet en 2009, Victor Flori nous invite aujourd’hui à goûter les bonheurs de la prose poétique de Renée Vivien dans une nouvelle édition annotée et préfacée de Brumes de Fjords.
Ci-dessous un extrait Brumes de Fjords, "Le Cygne noir", interprété par François Salaün pour la collection "La voix du livre".
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Quatrième de couvertureAu XXe siècle, la poésie a connu plusieurs révolutions spectaculaires. Avec Apollinaire, les rimes acquièrent des tonalités inédites, avec ses calligrammes la forme des mots ouvre de nouvelles perspectives à l’interprétation. Avec Tristan Tzara et le dadaïsme, elle prend une dimension philosophique. Avec André Breton et le surréalisme, les recherches se poursuivent du côté de l’écriture automatique...
Mais c’est sans doute quelques décennies plus tôt que se produit l’évolution la plus importante, celle qui permettra au genre de se rénover totalement, celle qui connaîtra des prolongements qui traverseront le siècle pour se perpétuer aujourd’hui. Avec Charles Baudelaire et ses Petits poèmes en prose, inspirés de l’œuvre d’Aloysius Bertrand, elle abandonne la versification et sa dimension régulière. Après lui, Francis Ponge, René Char ou encore Henri Michaux apporteront des pages inoubliables à cette nouvelle forme de poésie.
Parmi tous les poètes de la prose, on oublie trop souvent Renée Vivien, auteur pourtant d’une œuvre remarquable dans les années 1900. Victor Flori nous invite à la redécouvrir aujourd’hui. Pour notre plus grand bonheur !
Ci-dessous une lecture musicale du premier poème du recueil : « Lilith ».
(Lecture : François Salaün, musique : Children's Corner
de Claude Debussy interprété par Robert Casadesus.)
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Avec la Roumanie, la Bulgarie est la dernière démocratie entrée dans l’Union européenne en 2007. C’est aussi une des plus jeunes : après cinq siècles d’occupation ottomane, le pays n’est libre et autonome que depuis 1878. Cette année-là, Aleko Konstantinov a quinze ans, il assiste à la libération à Svichtov, sur les rives du Danube.
Dix-huit ans plus tard, en 1894, il est candidat aux élections législatives dans sa ville natale contre les conservateurs alors au pouvoir. Le scrutin est entaché de nombreuses irrégularités et il est défait.
Mais Aleko Konstantinov est surtout l’auteur d’une œuvre littéraire emblématique. Son personnage, Baï Ganio, est connu de tous les Bulgares. Ses initiales, BG, correspondent d’ailleurs à celles du pays.
Téodora Stéfanova nous propose de découvrir l’épisode au centre des « nouvelles incroyables d’un Bulgare contemporain » : Baï Ganio fait des élections. Le personnage y apparaît avec tout son humour, mais aussi son cynisme et sa férocité.
Largement inspiré de l’expérience de l’auteur, cet épisode montre aussi les premiers pas de la démocratie bulgare qui se heurte à la soif de pouvoir des tyrans, incarnée par le personnage éponyme.
Baï Ganio fait des élections est dédié par l'auteur à Tsvétan Radoslavov.
À l'occasion de la sortie du livre, Charly Sponk a interviewé pour nous Téodora Stéfanova :
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