La Traite des Blanches, mœurs contemporaines, se compose de quatre livres : La Traite des Blanches, Madame Barbe-Bleue, Les Marchands de femmes et Trimardon. L’ensemble clôt l’œuvre de Jean-Louis Dubut de Laforest qui décédera quelque temps après sa parution en 1902.
La féline Antonia, Madame Barbe-Bleue, donne son nom au second livre où elle évolue dans les méandres parisiens entre les rires, les larmes, entre saturnales et péripéties sentimentales où le désir amoureux est souvent une affaire d’argent.
Madame Barbe-Bleue ne se contente pas d’une intrigue échevelée. Comme les autres romans de Jean-Louis Dubut de Laforest, celui-ci prend toute sa place dans la société où il s’inscrit en dressant un réquisitoire poignant contre l’odieux trafic de la chair humaine. À travers les destins de Zozo Pattes-en-l’Air ou de Fleur-de-Paris, il est aussi révélateur de la condition féminine dans la France de la fin du XIXe siècle où les salaires des ouvrières sont misérables, et où la prépondérance de la dot au moment du mariage transforme l’union amoureuse en un triste calcul d’intérêts financiers.
L’édition 2010 de Madame Barbe-Bleue a été établie par Victor Flori à qui l’on doit aussi celle de Morphine et des Dames de Lamète.
Les romans de Jean-Louis Dubut de Laforest font s'entremêler plusieurs intrigues qui se développent de manière autonome, s'entrecroisent, s'éloignent les unes des autres avant de se retrouver quand se produit le dénouement. Ce à quoi ils ressemblent le plus, c'est à un labyrinthe que l'on explore avec aisance et dont on sort transformé.
Son dernier grand projet littéraire, La Traite des Blanches, mœurs contemporaines, est composé de quatre livres. Madame Barbe-Bleue est le second où l'on voit évoluer la jeune héritière Ève Le Corbeiller. Le surnom de sa « marâtre » Antonia fait d'elle l'héroïne éponyme du roman ; follement amoureuse du sculpteur César Brantôme, elle est prête à tous les crimes pour assouvir son désir.
Madame Barbe-Bleue met aussi en scène l'ouvrière Fleur-de-Paris qui se débat contre la misère ou encore la jeune Raymonde Parigot dont les proxénètes Trimardon et la baronne de Stenberg ont fait leur proie. À travers tous ces destins que l'on suit comme des fils d'Ariane dans les rues parisiennes du XIXe siècle, Jean-Louis Dubut de Laforest décrit avec une grande délicatesse les difficultés de la condition féminine de son temps. Force est de constater que la plupart d'entre elles se prolongent aujourd'hui.
L'édition 2010 de Madame Barbe-Bleue, livre 2 de La Traite des Blanches a été établie par Victor Flori.
« Notre orgueil est tel aujourd’hui que les tours qu’on lui construit ne sont jamais assez hautes. » « On peut se consoler de sa pauvreté en se disant que l’on connaît mieux le monde et la société car là où le bourgeois place une nouvelle jouissance, on peut toujours poser une réflexion. » « Une multitude d’intérêts particuliers qui se contredisent et se chamaillent sans arrêt, qui bataillent semaine après semaine, emportent aujourd’hui leur mise et trébuchent demain, se redressent, se relèvent encore et encore pour se lancer dans la mêlée avec une énergie sans cesse renouvelée. Et quand ce ne sont pas des intérêts, c’est une infinité de vanités individuelles qui se poussent les unes les autres avec un même acharnement pour figurer en haut d’un palmarès. Voilà où se niche le plaisir d’être ensemble. »
Hans Laufcan nous livre aujourd’hui le troisième recueil de ses mille et une maximes. À méditer sans aucune modération !
Au XXe siècle, la poésie a connu plusieurs révolutions spectaculaires. Avec Apollinaire, les rimes acquièrent des tonalités inédites, avec ses calligrammes la forme des mots ouvre de nouvelles perspectives à l’interprétation. Avec Tristan Tzara et le dadaïsme, elle prend une dimension philosophique. Avec André Breton et le surréalisme, les recherches se poursuivent du côté de l’écriture automatique...
Mais c’est sans doute quelques décennies plus tôt que se produit l’évolution la plus importante, celle qui permettra au genre de se rénover totalement, celle qui connaîtra des prolongements qui traverseront le siècle pour se perpétuer aujourd’hui. Avec Charles Baudelaire et ses Petits poèmes en prose, inspirés de l’œuvre d’Aloysius Bertrand, elle abandonne la versification et sa dimension régulière. Après lui, Francis Ponge, René Char ou encore Henri Michaux apporteront des pages inoubliables à cette nouvelle forme de poésie.
Parmi tous les poètes de la prose, on oublie trop souvent Renée Vivien, auteur pourtant d’une œuvre remarquable dans les années 1900. Victor Flori nous invite à la redécouvrir aujourd’hui. Pour notre plus grand bonheur !
Ci-dessous une lecture musicale du premier poème du recueil : « Lilith ».
(Lecture : François Salaün, musique : Children's Corner de Claude Debussy interprété par Robert Casadesus)
Stupre, scandales et perversions dans le Paris interlope de la fin du XIXe…
La Traite des Blanches nous convie au cœur d’un étrange et ancestral commerce : celui de la « chair neuve ». Dans les entrailles du Paris nocturne, se profilent les contours du demi-monde. Pendant que les chahuteuses du Moulin Rouge se déchaînent sur les rythmes endiablés du quadrille, les proxénètes guettent du coin de l’œil les langoureuses parades de leurs recrues. À la croisée des bas-fonds et de la haute société, Madame Barbe-Bleue n’a de cesse que d’assouvir ses voluptueux appétits : sa libido dévorante ne souffre d’aucun tabou…
Ouvrage controversé en son temps, La Traite des Blanches s’attira les foudres des censeurs. Jean-Louis Dubut de Laforest s’emploiera à défendre une œuvre qui, en même temps qu’elle divertit, tend à dénoncer un fléau éminemment contemporain : la prostitution.
L’édition 2009 de La Traite des Blanches a été préfacée et annotée par Charlotte Bruneau et Lucie Laîné.
Le roman de Jean-Louis Dubut de Laforest est dédié à José-Maria de Heredia.